lundi 6 mai 2013

Salon du Livre de Genève: 1 - Zarline: 0

Et voilà, le Salon du livre et de la presse de Genève s'est achevé hier et a mis fin, par la même occasion, à mes bonnes résolutions PALesques, tout en me mettant K-O pour faire bien les choses. 

Car oui, difficile de résister à cinq journées passées au milieu de centaines et de centaines de tentations quotidiennes, de toutes ces nouveautés livresques étalées devant vous, de tous ces titres notés dans votre LAL et que vous vous jurez à chaque fois de ne pas oublier à votre prochaine visite en librairie. Et encore, je crois que j'ai limité la casse, n'ayant pas eu le temps de repérer beaucoup de nouvelles tentations chez vous ces dernières semaines. 

A force de courir d'allées en allées chassant le roman québécois impossible à trouver ailleurs, de parcourir d'avant en arrière le stand à la recherche de l'auteur en S qui se retrouve parmi les A, de jouer des coudes pour aller prendre de l'air et apprécier un peu de calme lors des journées des classes scolaires, avant d'attaquer un week-end pluvieux et donc bien rempli au Salon et un démontage dimanche en fin de journée pour repartir au boulot ce matin à 7h00... bref, je suis sur les rotules, battue à plat de couture par la Salon mais heureuse de ma semaine. 

Dans un Salon du livre amputé d'un nombre important de stands, sur une surface bien diminuée et, seul point positif, bien aérée du coup, j'ai quand même réussi à trouver mon bonheur. J'ai par exemple beaucoup aimé l'exposition de l'équipe déjantée de Plonk et Replonk, ainsi que celle consacrée aux 20 ans de Titeuf. J'ai trouvé sympa le concert de Keziah Jones le vendredi soir et intéressant le choix de conférences offert tout au long de ces cinq jours. J'ai bien aimé l'arrangement par librairies thématiques, autour de la littérature suisse, de la cuisine ou du développement personnel, mais je regrette beaucoup l'absence de plusieurs grands éditeurs. Je trouve également décevant l'absence de livres en anglais dans une ville comme Genève, sans mentionner le stand SOLDES proposé les autres années par l'OLF qui me fournissait en vo pour douze mois. Vous allez me dire, j'ai au moins épargné un peu ma PAL... Dommage également le peu de visibilité de l'hôte d'honneur, le Mexique, qui avait un stand très classe et zen, dans des tons froids de blanc et de turquoise et qui du coup paraissait presque transparent. 

Côté auteurs, j'ai eu peu de temps pour faire la causette. J'ai quand même eu l'occasion de rencontrer Joël Dicker, bien occupé à dédicacer pour une longue file de fans qui serpentait tout autour du stand suisse. J'ai aussi vu Douglas Kennedy et Tatiana de Rosnay, autres grandes stars du Salon, qui n'ont toutefois pas réussi à me donner envie de lire enfin un de leurs livres. J'ai écouté Pierre Béguin parler de son livre Vous ne connaitrez ni le jour ni l'heure sur le suicide assisté. J'ai discuté avec plaisir avec le sympathique Max Lobe, auteur de 39, rue de Berne dont je vous parlais ici. J'ai, par la même occasion, découvert l'initiative Parrains&Poulains lancée par le Salon, ou la création de cinq tandems littéraires suisses entre des écrivains confirmés et les nouveaux espoirs. Max Lobe était ainsi coaché par Jean-Louis Kuffer, Aude Seigne par Daniel de Roulet, Isabelle Aeschlimann par Jean-Michel Olivier, Quentin Mouron par Anne Cuneo et enfin Anne-Frédérique Rochat par Amélie Plume. Une initiative qui s'inscrit bien dans la relance de la littérature romande mise en lumière cette année par le succès de Joël Dicker. Alors on peut être étonné, voire dubitatif sur le succès incroyable de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert (d'ailleurs, j'ai toujours un billet à pondre sur le sujet), je suis pour ma part enchantée du coup de fouet et de la confiance que cela peut donner aux auteurs de la région. Enfin, j'ai obtenu une jolie dédicace de Benjamin Lacombe et ai discuté avec Carlos Salem, aussi déjanté que je l'imaginais. 

Résultat final de ces cinq jours:


Les contes macabres de Benjamin Lacombe
Les Amants de Francfort de Michel Quint
Chambre Froide de Minette Walters
No impact man de Colin Beavan
Alzheimer mon amour de Cécile Huguenin
Green River de Tim Willocks
Chrysis de Jim Fergus 
Les Apparences de Gillian Flynn
La Lignée de Guillermo del Toro et Chuck Hogan 
Tijuana Straits de Kem Nunn

ainsi que quelques livres de cuisine, une tonne de catalogues, une collection entière de marque-pages et des gadgets à profusion. 

YA DU BOULOT!

mercredi 1 mai 2013

Salon du Livre de Genève

Blog en stand-by pour quelques jours pour cause de Salon du Livre. J'y travaille cette année toute la semaine
donc avis aux blogueurs/ses du coin, si vous passez par-là, faites-moi signe.

Ouverture du Salon aujourd'hui et je n'ai pas encore eu le temps de tout visiter. J'en ai quand même profité pour rencontrer LA star du jour, "l'enfant du pays", Joël Dicker qui a dû s'armer de patience pour satisfaire la longue file d'attente devant sa table de dédicace.

J'essaie de vous faire un petit bilan en début de semaine prochaine.

Bonne semaine à tous!

lundi 22 avril 2013

Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig au théâtre


A treize ans, une jeune fille tombe folle amoureuse de son voisin, un écrivain à succès. Plusieurs années plus tard, ce dernier reçoit une lettre d’une inconnue, lui confessant son amour inconditionnel. Entre ces deux dates, Lettre d’une inconnue nous relate la chronologie d’un amour passionnel et destructeur, entre une jeune femme amoureuse d’un idéal et un homme qui, sans cesse, la voit sans la reconnaitre. 

De Stefan Zweig, je n’ai jusqu’ici lu que Le joueur d’échecs, et ma lecture remonte déjà à bien des années. A l’époque, je n’avais été que moyennement convaincue par ma lecture, peut-être une question d’âge, peut-être une lecture faite trop rapidement. Vu l’aura de l’auteur, je ne comptais pas rester sur mon demi-échec et Lettre d’une inconnue était en bonne place dans ma LAL. Quand j’ai vu que cette adaptation inédite de la nouvelle de Zweig passait près de chez moi, je n’ai pas hésité longtemps et cette petite sortie théâtrale m’a fortement donné envie de me replonger dans les écrits de l’auteur autrichien.

Mais revenons à la pièce, dont le texte a été adapté par Michael Stampe. Mise en scène de manière extrêmement épurée par Christophe Lidon, dans un décor vide et noir, uniquement éclairé par quelques luminaires suspendus, les deux acteurs reprennent fidèlement le texte de Zweig, faisant penser à une lecture à deux voix, à un long dialogue plein de reproches.  Le résultat est une pièce à l’ambiance lourde, rythmée par quelques notes sonores en mineur, mais à la force incroyable.

Sarah Biasini (oui, oui, la fille de …, mais abstenons-nous de comparer, ou du moins essayons ;-)) et Frédéric Andrau interprètent à merveille cette pièce. Trouver le ton juste et éviter le côté sur-joué n’étaient de loin pas chose facile, mais, mis à part quelques instants un peu trop larmoyants, j’ai trouvé que l’un et l’autre s’en sortaient avec les honneurs. Petit bémol peut-être pour la salle, que j’aurais voulu plus intimiste, plus petite pour une telle pièce afin de mieux percevoir les expressions des acteurs.  

Un très beau texte, bien adapté et bien interprété. Une pièce à voir et qui appelle d’autres adaptations de Zweig. Mais qu’est-ce que j’ai envie de gaité à présent!   

Un amour total, passionnel, désintéressé, tapi dans l'ombre, n'attendant rien en retour. Ravagée par une passion dévorante pour son voisin (Frédéric Andrau) depuis l’âge de 13 ans, une jeune femme (Sarah Biasini) reste sa vie durant l’inconnue, celle qu’il croise sans la voir dans l’escalier, celle qui n’a été pour lui que la conquête d’un soir ou deux. Ce n’est que sur son lit de mort, qu’elle osera lui dévoiler son lourd secret dans une longue missive. Dans Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig livre un magnifique exemple d’une obsession auto-destructrice. Sur scène, la fascinante fille de Romy Schneider plonge au cœur de cet univers avec une force tragique renversante sans jamais basculer dans l’excès.

Après une tournée de plusieurs mois et un petit détour par la Suisse, cette pièce repart vers la France et passe peut-être encore près de chez vous. J’ai trouvé les dates suivantes:

25 avril, Palais de la Culture, Puteaux (92) 

16 mai, Théâtre Alexandre Dumas, Saint-Germain-en-Laye (78) 

24 mai, Espace Gérard Philippe, Istres (13) 

Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig présenté par le Théâtre des Mathurins 
Mise en scène: Christophe Lidon
Adaptation théâtrale: Michael Stampe
Avec: Sarah Biasini et Frédéric Andrau
Théâtre l'Octogone
19 avril

mardi 9 avril 2013

Le Nao de Brown de Glyn Dillon


Nao, jeune anglo-japonaise, tente de se faire un place en tant qu'illustratrice tout en travaillant dans un magasin d'art toys. Sous ses airs de jeune fille modèle, Nao est victime de pulsions extrêmement violentes qui déchainent son univers imaginaire et ne facilite pas sa recherche d'amour et de sérénité. 

Premier constat pour cette BD et, à mon avis, son atout principal: le magnifique dessin de Glyn Dillon, des aquarelles très fines, avec de belles couleurs chaudes, qui loin d'un côté "délavé", donnent aux personnages de très belles expressions, à la fois douces et détaillées. Vraiment, Glyn Dillon a un coup de pinceau qui mérite à lui seul son Prix spécial du Jury d'Angoulême.

Le Nao de Brown, c'est également des personnages attachants. Nao, jeune femme d'apparence douce et fragile, mais à l'imagination aussi violente que paralysante. J'ai beaucoup aimé ce personnage qui lutte contre ses pulsions, et craint avant tout de perdre le contrôle et de sauter d'un avion ou d'écraser un enfant dans la rue dans un accès de folie. Avouez-le, pas classique comme héroïne! Les amis qui gravitent autour d'elle sont également fort sympathiques, en particulier Steve et ses histoires d'amours foireuses.

Glyn Dillon est anglais mais il nous offre avec Le Nao de Brown une BD à l'ambiance très japonisante, emprunte d'univers manga et de philosophie bouddhiste. C'est peut-être là que le bât blesse pour moi, car je n'ai, par exemple, pas compris l'intérêt de la fable avec Pictor et le Rien. Je dois dire que la fin m'a également laissée un peu perplexe, la trouvant trop abrupte, un peu mal-amenée, comme si l'auteur ne savait plus où aller avec ses personnages. 

Une BD aux illustrations superbes et à la thématique originale mais une intrigue qui reste, à mon avis, un peu légère. J'ai pris plaisir à faire la connaissance de Nao et de son univers, mais Glyn Dillon m'a à plusieurs reprises perdue en route. 

Je remercie PriceMinister pour l'envoi de cette BD dans le cadre de l'opération La BD fait son festival. Je lui donne la note de 14/20. 

DILLON Glyn, Le Nao de Brown, ed. Akileos, octobre 2012, 208p. 

dimanche 7 avril 2013

Mourir est un art, comme tout le reste d'Oriane Jeancourt Galignani

Pour ceux qui aiment: La fenêtre panoramique de Richard Yates

Le 11 février 1963, Sylvia Plath mettait fin à ses jours à l'âge de trente ans. Cinquante ans plus tard, Oriane Jeancourt Galignani consacre son premier roman à la poétesse, devenue icône. Elle accompagne Sylvia Plath dans sa dernière nuit, récoltant une longue confession qui revient sur les évènements majeurs de sa vie, de sa relation à l'écriture à l'échec de son mariage.

Je précise d'entrée que je suis loin d'être une spécialiste de Sylvia Plath. J'avoue même n'avoir jamais été vraiment sensible à ses poèmes. Cependant, comment ne pas être fascinée par ce personnage et le couple maudit qu'elle formait avec Ted Hughes. Sans avoir d'affinité avec son oeuvre, j'espérais découvrir l'auteur sous un autre jour grâce à cette biographie romancée.

J'en ressors un peu déçue. Il y a une ambiance très forte dans ce livre, très sombre et sans espoir et ma lecture s'est faite comme en présence de la poétesse. Mais c'est une présence fantasmagorique et Oriane Jeancourt n'a pas réussi à faire revivre pour moi Syliva Plath à travers ces lignes. A l'opposé de l'image féministe (pas forcément plus fidèle à la réalité...) de la poétesse, elle nous dépeint une Sylvia Plath faible et dépressive, dont le personnage reste froid, passif, presque vide. Au point qu'à l'issue de ma lecture, je ressens plus l'envie de redécouvrir Ted Hughes ou même Assia Wevill qui semblent plus habités que la poétesse. Ayant toujours un faible pour les personnages de battants, je pense que le choix des dernières années de Sylvia Plath me correspond moins et peut-être que Mad Girl's Love Song d'Andrew Wilson, également publié en ce début d'année 2013, qui se concentre sur les années de jeunesse de la poétesse me conviendrait mieux. A tenter peut-être...

Je n'ai de plus pas vraiment adhéré au choix d'Oriane Jeancourt Galignani d'entrecouper son récit de courts vers de Sylvia Plath. Faisant le lien entre son oeuvre et les épisodes romancés de sa vie personnelle, ils cassent, à mon avis, le rythme des phrases et m'ont plus ennuyée que séduite. J'aurais préféré, je pense, avoir quelques extraits plus longs de ses poèmes plutôt que ses quelques miettes éparses, insérées comme des justifications aux choix romanesques d'Oriane Jeancourt. Il y a cependant de très beaux passages dans ce roman, comme la destruction d'un manuscrit par Sylvia dans un moment de rage et de désespoir ou ses derniers instants, intimes et laissant un lueur d'espoir. Autre petit extrait que j'aime beaucoup:

"Avant de quitter Court Green, Ted lui a jeté "pourquoi tu fais ça?" Elle tourne dans le salon et égrène "parce que Nicholas hurle jour et nuit et que tu ne l'entends pas. Parce que nos deux corps s'ignorent et que tu t'en contentes. Parce que je n'ose pas te désirer avec mon ventre informe. Parce que je m'étais promis le jour où l'on s'est rencontrés de ne jamais te faire de reproches mais de partir lorsque la vie serait trop dure. Parce que je ne tiens pas mes promesses. Parce que je ne serai jamais celle qui part. Parce que j'étouffe dans ton pays d'eau et de cyprès. Parce que l'année prochaine les choses ne changeront pas. Parce que j'avais tellement espéré qu'elle changeraient. Parce que ta vie restera l'officielle et la mienne l'officieuse. Parce que tu ne vois pas que je me noie..." p.30

Un roman qui ne m'a pas totalement séduite, mais dont le côté intimiste pourrait, j'en suis certaine, vraiment plaire à d'autres lecteurs. Le choix de mélanger les mots de Sylvia Plath à ceux d'Oriane Jeancourt Galignani ne m'a pas vraiment plu non plus, d'autant plus que certains passages de l'auteur m'ont vraiment époustouflée. Dans l'ensemble, Oriane Jeancourt a fait des choix audacieux pour son premier roman, avec un résultat à double tranchant. Filez lire le billet d'Anne qui, elle, a totalement adhéré.


Elle avait tout pour être heureuse. Jeune, ravissante, talentueuse. Une famille idéale, un mari beau et célèbre, Ted Hughes, deux enfants charmants, et un don d’écriture que la critique acclamait. Et pourtant, Sylvia Plath, le 11 février 1963, à l’âge de trente ans, a mis fin à ses jours. Et ni le roman autobiographique qu’elle avait publié, La Cloche de détresse, devenu un livre culte, ni ses poèmes douloureux et intimes, n’ont suffi à élucider l’énigme absolue qu’elle posait à ses contemporains et à ses propres yeux. 

Dans ce premier roman inspiré, Oriane Jeancourt Galigani traque cet ultime secret grâce à une confession imaginaire de l’écrivain, émaillée de ses plus belles images. Bien au-delà de l’égérie emblématique créée par les féministes d’outre-Atlantique, l’auteur dessine une figure singulière, bouleversante d’humanité et de contradictions – le portrait tout en clair-obscur d’une femme inoubliable.

Je remercie les éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre. 

JEANCOURT GALIGNANI Oriane, Mourir est un art, comme tout le reste, ed. Albin Michel, février 2013, 192p. 

samedi 23 mars 2013

39 rue de Berne de Max Lobe

Depuis sa cellule de prison, Dipita raconte le récit de sa vie et de ses origines. Il évoque à la fois la jeunesse de sa mère, Mbila, envoyée à 16 ans en Europe afin de venir en aide à sa famille, son enfance auprès de cette dernière, devenue prostituée à Genève, les vacances passées au Cameroun auprès de son oncle, sa découverte de l'amour jusqu'à l'acte de folie qui l'a condamné à cet enfermement. 

39 rue de Berne est le deuxième roman du jeune auteur camerounais, Max Lobe, aujourd'hui établi à Genève. C'est un récit à la fois très africain dans sa construction, proche de la fable, et dans son style parlé parsemé d'expressions camerounaises savoureuses; mais c'est étrangement, un roman très Genevois aussi, centré sur le fameux quartier chaud des Pâquis, et qui reflète au final parfaitement cette facette moins connue de la ville du bout du lac.

J'ai trouvé un côté très humain dans ce récit, sur un sujet et un quartier qui se résument bien souvent à des statistiques dans les journaux. J'ai aimé plonger dans la vie des "filles du Pâquis", et imaginer avec l'auteur leur quotidien en dehors de la rue, à élever des enfants et à boire des cafés avec des amies histoire de vider leur sac. J'ai également trouvé intéressantes toutes les thématiques traitées, que ce soit la perception de l'homosexualité en Afrique, l'immigration clandestine, le trafic d'êtres humains ou celui de la drogue. Tout ça peut paraître très sombre, mais Max Lobe aborde ces destins tragiques de manière plus souvent drôle que violente, tout en restant percutante et crédible. L'intrigue s'éparpille quelque fois et les personnages auraient pu être un poil plus étoffés, mais j'ai, dans l'ensemble, suivi l'auteur avec plaisir derrière les façades et néons de la rue de Berne. 

Petit bémol par contre pour mon exemplaire, où j'ai relevé plusieurs coquilles, alors que d'habitude, je n'ai vraiment pas le syndrome du crayon rouge. 

Un roman réussi, mêlant une culture africaine à un contexte bien genevois. J'ai apprécié ce mélange détonnant et l'humanité qui se dégage du récit. Ce n'est pas parfait, mais c'est de très bonne augure dans la jeune carrière de cet auteur. Une nouvelle voix aussi africaine qu'ouverte sur le monde.  

A 16 ans, la mère de Dipita atterrit du Cameroun en Europe, où elle est brutalement plongée dans le monde de la prostitution. Depuis, elle se débrouille. Sa naïveté, sa générosité et sa beauté lui permettent de survivre, malgré un "camion de haine dans son ventre". 
Elle raconte sa vie à Dipita, qui aime autant l'écouter que lui couper la parole pour continuer l'histoire lui-même. Dipita aime aussi son oncle et sa manière de vitupérer à longueur de journée les huiles de son pays, même si c'est lui qui a jeté sa mère dans les filets des "Philantropes-Bienfaiteurs". Dipita aime encore celles qu'il appelle "ses mères" ; elles participent à son éducation, aux commérages et aux réunions de l'AFP (association des filles des Pâquis) et elles accepteront de manière déconcertante que leur petit Dipita devienne comme ça. 
Dans une langue haute en couleurs et inventive, le narrateur décrit avec finesse aussi bien la réalité des Africains sans papiers que les paradoxes et les souffrances d'un tout jeune homme noir et homosexuel.

Je remercie Emmanuelle et les éditions Zoé pour l'envoi de ce livre. Un souci de poste a fait atterrir deux exemplaires de ce livre dans ma boîte aux lettres. Je me propose donc d'envoyer le deuxième à un ou une blogueuse qui s'engage à en faire un billet dans un délai raisonnable. Pour cela, laissez-moi un commentaire ci-dessous ou envoyez-moi un mail. Si plusieurs personnes sont intéressées, je procéderai à un petit tirage au sort.

LOBE Max, 39 rue de Berne, ed. Zoé, janvier 2013, 192p. 

dimanche 17 mars 2013

Aux Belles Abyssines de Bernard Bonnelle

Pour ceux qui aiment: Un américain bien tranquille de Graham Greene et Les Trésors de la Mer Rouge de Romain Gary

En 1939, à l'aube de la deuxième guerre mondiale, Pierre Jouhannaud est envoyé à Djibouti afin de reprendre le commandement d'un patrouilleur de la marine française, suite à la morte du commandant Alban de Perthes. Ami de jeunesse de ce dernier, Pierre peine à accepter la mort d'Alban et les rumeurs bruissantes de l'amirauté qui accuse Alban de s'être donné la mort pour éviter une mission dangereuse. Naviguant dans la société coloniale djiboutienne et les tensions montantes d'un conflit mondial, Pierre va tenter de reconstituer les dernières heures de son ami. 

Ce roman a été pour moi une belle découverte. J'ai beaucoup aimé le contexte d'une colonie djiboutienne stratégique à l'aube du conflit qui opposera la France aux voisins italiens présents en Ethiopie. Intrigue totalement crédible, ambiance envoutante, j'ai également aimé le style élégant et "authentique" de l'auteur, ancien marin, qui parsème son récit de termes tels que "aussières", "coupée" et "midship". 

"Lorsque le bateau sort du lit du vent, ses voiles, qui étaient gonflées et puissantes, se mettent à fasseyer, tels d'inutiles oripeaux. Ainsi, dès l'instant où je lui appris la mort d'Alban, cette femme se laissa tomber à terre, vaincue, inerte." p. 117

Aux Belles Abyssines est ce que j'appellerais un roman "atmosphérique": une ambiance coloniale réussie, une nostalgie de film noir, des personnages bien campés, une intrigue bien écrite tout en restant relativement simple. Un bon roman dont le seul défaut est peut-être sa brièveté, qui laisse quelques zones d'ombre et des éléments inexploités (ex. Potemkine, la deuxième guerre mondiale). 


Alban se joue des conventions. Pierre, lui, est plus réservé. Lorsqu'ils font connaissance dans le métro parisien, rien ne laisse présager que d'ici quelques années, devenus officiers de marine, ils vont courir le monde à bord de la Jeanne-d'Arc ; ni que leur amitié se prolongera au-delà de la mort. 
À la fin de l'été 1939, Alban est retrouvé sans vie dans sa cabine de l'Étoile-du-Sud, le patrouilleur qu'il commandait à Djibouti, au carrefour de l'océan Indien et de la mer Rouge. 
Désigné pour lui succéder, Pierre arrive dans une ville en état de siège, sous la menace de la guerre imminente. Lui qui connaissait son ami mieux que quiconque refuse de croire ce qui se murmure dans la société coloniale : se sentant incapable de mener une mission périlleuse, il aurait préférer se donner la mort. 
Pour découvrir une vérité qui ne peut être dite, Pierre va devoir emprunter le chemin parcouru par Alban, traquant les indices, rencontrant des purs et des lâches, des ambitieux et des révoltés, des cyniques et des résignés, tous hantés par le souvenir d'une insaisissable silhouette féminine.

Ancien marin, Bernard Bonnelle a navigué à bord de plusieurs bâtiments de combat, de l'Atlantique au Pacifique, de l'océan Indien à la mer Rouge. Aux Belles Abyssines est son deuxième roman. 

Je remercie Babelio et les éditions de la Table Ronde pour ce beau moment de lecture. 

BONNELLE Bernard, Aux Belles Abyssines, ed. La Table Ronde, janvier 2013, 192p

tous les livres sur Babelio.com


mardi 12 mars 2013

Wolf Hall (Le Conseiller) d'Hilary Mantel

Pour ceux qui aiment: A Man for All Seasons de Robert Bolt (histoire d'avoir une autre vue sur les deux Thomas)

1527: A la cour d'Henry VIII, tout bascule. Devant l'incapacité de la Reine Catherine d'Aragon à lui donner un héritier mâle, le Roi tente d'obtenir le divorce auprès du Pape, afin d'épouser Anne Boleyn dont il est tombé éperdument amoureux. Avec l'arrivée des Boleyn dans les grâces du Roi, le pouvoir change de camp aux dépends du chancelier, le cardinal Wolsey. C'est pourtant le bras droit de ce dernier, Thomas Cromwell qui va peu à peu émerger et devenir indispensable à la marche des affaires royales.

Wolf Hall est le premier tome de la fameuse trilogie (troisième tome en cours d'écriture) aux deux Booker Prizes d'Hilary Mantel consacrée au personnage si énigmatique de Thomas Cromwell. Ce premier tome couvre la jeunesse de Cromwell, jusqu'aux années 1535, relatant ainsi la chute du cardinal Wolsey et l'ascension d'Anne Boleyn, la deuxième femme d'Henry VIII. 

Comment parler d'un roman aussi foisonnant, aussi riche, aussi abouti? Hilary Mantel reprend la genèse de Thomas Cromwell, à la réputation sombre et austère, pour en faire un personnage passionnant et brillant; un homme mystérieux, à la mémoire exceptionnelle, fidèle envers ses amis mais fin stratège. Au passage, l'auteur fournit un énorme travail historique, où, si l'on reste dans la fiction, chaque détail, chaque rencontre est au moins probable. A travers les ragots de la cour et les murmures londoniens, le lecteur est totalement immergé dans la société de l'époque, du lit du Roi aux marchands d'Antwerp, des intrigues tudoriennes aux querelles religieuses. Lire Wolf Hall, c'est d'abord plonger dans cette atmosphère, se sentir perdu parmi tous les personnages de la cour, y prendre peu à peu ses marques et suivre le destin fabuleux de Cromwell, fils d'un maréchal ferrant devenu conseiller du Roi. Mantel y décrit avec autant de talent la rivalité entre Thomas More et Cromwell, l'art d'Hans Holbein ou les tortures du bûcher. 

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé cette lecture, mais j'ai également bien sué. Hilary Mantel fait confiance à son lecteur et refuse toute simplification. Il n'est parfois fait qu'allusion à certains faits de l'histoire anglaise, l'auteur assumant en effet que ceux-ci sont aussi familiers pour le lecteur que pour les personnages de l'époque. J'étais pour ma part heureuse d'avoir Mr. Z, plutôt calé en histoire british, à disposition. Ajoutez à cela un style extrêmement travaillé, une construction des dialogues parfois déroutante et vous obtenez une lecture passionnante mais aussi parfois exténuante. Dernier petit bémol: j'ai souvent été parasitée par les images de la série des Tudors alors que les points de vue entre roman et série sont pourtant bien différents. 

Une lecture intelligente, riche et palpitante où tout, de l'ambiance aux personnages, de la conformité historique au style, est poussé jusqu'à la perfection; mais une lecture dense, grouillante de détails et de personnages à faire à tête reposée. J'ai beaucoup aimé Wolf Hall, mais je ne peux pas vraiment dire que j'ai passé un bon moment. Je reste impatiente de découvrir la suite et Bring up the Bodies m'attend déjà. 


England, the 1520s. Henry VIII is on the throne, but has no heir. Cardinal Wolsey is his chief advisor, charged with securing the divorce the pope refuses to grant. Into this atmosphere of distrust and need comes Thomas Cromwell, first as Wolsey's clerk, and later his successor.

Cromwell is a wholly original man: the son of a brutal blacksmith, a political genius, a briber, a charmer, a bully, a man with a delicate and deadly expertise in manipulating people and events. Ruthless in pursuit of his own interests, he is as ambitious in his wider politics as he is for himself. His reforming agenda is carried out in the grip of a self-interested parliament and a king who fluctuates between romantic passions and murderous rages.

From one of our finest living writers, Wolf Hall is that very rare thing: a truly great English novel, one that explores the intersection of individual psychology and wider politics. With a vast array of characters, and richly overflowing with incident, it peels back history to show us Tudor England as a half-made society, moulding itself with great passion, suffering and courage.

Les éditions Sonatine ont annoncé la sortie de ce premier tome sous le titre Le Conseiller: Dans l'ombre des Tudors pour mai 2013. Curieuse de découvrir comment un tel roman a pu être traduit en français. Je m'interroge déjà sur le titre et la couverture, mais étant en général séduite par le travail de cet éditeur, je ne demande qu'à voir... et à connaitre vos avis (plus aucune excuse Ys ;-)). Vivement le printemps!

MANTEL Hilary, Wolf Hall, ed. Fourth Estate, 2009, 652p. 

vendredi 1 mars 2013

Déluge d'Henry Bauchau

Florian, peintre torturé qui ne peut s'empêcher de brûler ses oeuvres, rencontre par hasard Florence dans un petit village du Sud de la France. Cette dernière s'y est réfugiée après qu'on lui ait diagnostiqué une maladie incurable. Ces deux personnages à la dérive vont s'unir et se soutenir mutuellement avec comme objectif la réalisation de l'oeuvre magistrale de Florian: Le Déluge. 

Je l'avoue dès le début, Henry Bauchau est auteur qui ne m'a jamais attirée et dont je n'avais, du coup, jamais rien lu jusqu'ici. Quand Sylire et Lisa ont choisi de rendre hommage à cet auteur décédé en 2012 dans le cadre du Blogoclub, je me suis dit que c'était une bonne occasion de tester mes a priori. J'ai longtemps hésité entre Le Régiment Noir et Déluge, avant de me décider pour ce dernier, en grande partie en raison de son petit nombre de pages, débordée que je suis en ce moment entre quelques SP et ma lecture d'Autant en emporte le vent que je quitte à regret. 

J'ai donc attaqué ma lecture avec un peu de suspicion... qui s'est malheureusement accentuée au fil des pages. J'ai, à plusieurs reprises, hésité à abandonner, n'éprouvant aucun intérêt pour l'histoire ou les personnages, mais j'ai au final terminé ce livre en lisant la deuxième moitié un peu en diagonale. 

Franchement, je n'ai rien compris à cette histoire, décrite souvent comme "allégorique". Perso, je dirais plutôt que c'est du gros n'importe quoi. Tout un groupe de personnes qui se rassemblent autour d'un artiste gourou et barjot pour l'aider à peindre une toile énorme représentant le déluge biblique mais aussi celui de notre société. Une réflexion apparemment sur la création artistique, avec comme "toile de fond" une peinture que je m'imaginais, au fil des descriptions, du plus mauvais goût. Des personnages à aucun moment crédibles à mes yeux, un peu de mysticisme, un peu de psychologie au rabais sur la force que nous avons tous en nous, un style qui ne m'a pas touchée avec des passages qui m'ont rappelé des délires hallucinés de mes jeunes années (si vous voyez ce que je veux dire) genre:

"La pyramide va descendre jusqu'au fond, avec ses mystères, et, nous, nous devons continuer à nous élever sur elle par les deux côtés qui sont à l'ombre. 
- C'est merveilleux, ce que tu viens de dire... Un vrai projet de vie ensemble." p. 154

Une rencontre totalement ratée avec cet auteur et on ne m'y reprendra probablement pas. En surfant un peu, je n'ai trouvé que des avis plutôt positifs sur ce livre, décrit comme profond et écrit d'une belle plume, alors ne vous arrêtez pas à mon billet. 

C'est dans un petit port du Sud de la France, où elle s'est installée pour raisons de santé, que Florence fait la connaissance de Florian. Peintre vieillissant, instable, réputé fou et pyromane, il n'aime rien tant que brûler et voir se consumer ses propres dessins. Encouragée par la psychiatre qui le "suit" de loin, Florence accepte de se mettre à son service. Et bientôt se forme autour d'eux, et de l'atelier aménagé pour l'artiste, un petit cercle d'amitié...
Peindre le Déluge - et peut-être le livrer aux flammes -, tel est le grand oeuvre que projette désormais Florian. De jour en jour, de mois en mois, il entraîne ses compagnons dans la folle entreprise de ce tableau démesuré qui les requiert corps et âme, qui les épuise et pourtant les transcende. Car cette oeuvre est, comme notre monde, traversée par la violence des siècles, par le désastre et la splendeur d'une humanité toujours renaissante. 
L'art et la folie, le rêve et le délire, la vulnérabilité et l'inépuisable nécessité de créer, tels sont quelques-uns des chemins qu'Henry Bauchau propose à notre réflexion, et qu'il illumine d'une écriture aussi profonde que d'une magnifique fluidité...

Henry Bauchau, psychanalyste, poète, dramaturge, essayiste, romancier, est l'auteur d'une des oeuvres les plus marquantes de notre temps. 


D'autres billets du Blogoclub à retrouver chez Sylire.


BAUCHAU Henry, Déluge, ed. Actes Sud, février 2010, 170p. 

mercredi 20 février 2013

Les Pintades à Londres de Virginie Ledret

Pour celles: qui prévoient un petit séjour londonien ou pour les fans des Xenophobe's Guides

Dans la série des Pintades, j'ai nommé les pintades londoniennes, deuxième opus de cette collection qui compte à présent onze volumes, couvrant les spécimens pintades natifs de Madrid à Moscou, en passant par Téhéran. Si chaque ville présente des pintades bien différentes, au final beaucoup de points nous rapprochent également, car être une pintade, "c'est être une femme d'aujourd'hui, légère et sérieuse, féminine et féministe".

Cet opus londonien reprend le concept de Les Pintades à New York et présente ici une sélection des girls de la capitale britannique, de la It Girl de Chelsea et Kensington, à la posh de Mayfair, à la Mummy de Wimbledon ou à l'ethnic de Brixton. Un petit guide qui se joue des stéréotypes tout en nous glissant quelques tuyaux et adresses dans chaque quartier. 

Si à la lecture des deux premiers paragraphes de ce billet, vous sautez déjà en l'air, scandalisée par cette vision dégradante et futile de la femme, passez votre chemin, cette collection n'est pas faite pour vous. Au contraire, si vous pensez qu'on peut être girly tout en conservant sa cervelle, et qu'on peut être féministe sans ressembler à une camionneuse en Birkenstocks, vous pourrez bien trouver amusant cette présentation, tout sauf en nuances, de nos voisines british. 

Personnellement, j'ai trouvé ce petit guide amusant. J'ai aimé la présentation par quartier plutôt spot on, les quelques anecdotes des pintades rencontrées par l'auteur, les tips et les tendances. Il m'a redonné envie d'aller prendre un afternoon tea au Claridge's, de faire du punting à Oxford, de trainer dans les bars sombres de Shoreditch, de tenter l'hypnobirthing, de trouver un moyen de visiter les plus beaux parcs privés de la ville, d'aller au festival d'opéra de Glyndebourne ou de manger des peshawari naan au Punjab Restaurant. Mais il y a, à mon avis, deux défauts intrinsèques à ce genre d'ouvrages:

1. On ne peut les apprécier et en rire qu'en ayant un minimum de connaissances de la ville. Pour celles qui espèrent découvrir Londres grâce à ce livre, c'est à mon avis raté. Sans avoir bien parcouru la ville, les évocations des quartiers et de leurs différences, les allusions aux traits so british des pintades peuvent vous passer complètement au dessus;

2. Ils se périment très vite. Pas sûre en effet que les floating spas soient encore aussi hype qu'en 2006 et Rebekah Wade, l'éditrice du Sun qui devrait passer en jugement dans quelques mois pour l'affaire des écoutes téléphoniques de News of the World, n'est certainement plus l'idole des londoniennes qui "s'acquitte (de son poste) avec le culot, la hargne et le talent qui la caractérisent sans coup férir depuis 2003". Comme un Guide du routard, il faudrait renouveler l'exercice régulièrement, pour s'assurer du potentiel "in" des adresses. 

Un petit guide qui, loin de se prendre au sérieux, vous donnera envie de réserver votre prochain séjour londonien. Je découvrirais volontiers quelques autres opus de la collection. 


Ce sont de drôles d'oiseaux qui ne vivent qu'à trois heures de TGV de Paris. Les échanges linguistiques et les virées shopping n'ont pas suffi à percer le mystère. Vues de ce côté-ci de la Manche, les Londoniennes restent souvent une énigme. Leurs excentricités, leur amour de la monarchie, leur goût prononcé pour l'ivresse, leurs opinions politiques, leur humour cynique ou leurs styles vestimentaires déjantés peuvent nous laisser perplexes. Si vous pensez qu'une chav est une crème dépilatoire, qu'une posh est un sac en plastique et qu'une wag se conduit à gauche, alors Les Pintades à Londres, le deuxième opus de la collection des Pintades, est absolutely pour vous. Une fois encore, rien de péjoratif dans ce sobriquet, bien au contraire. Plutôt un pied de nez aux doux noms d'oiseaux dont les femmes sont parfois affublées. Etre une pintade, c'est être une femme d'aujourd'hui, légère et sérieuse, féminine et féministe. Après Les Pintades à New York, ce volume explore la féminitude made in London.

Virginie Ledret, journaliste française installée à Londres depuis onze ans, décode pour nous ses habitantes avec un regard décalé et amusé, sans oublier de nous révéler ses conseils et ses bonnes adresses pour tirer le meilleur parti de la ville.


LEDRET Virginie, Les Pintades à Londres: Chroniques de la vie des Londoniennes, ed. Jacob-Duvernet, illustrations Sophie Bouxom, octobre 2006, 212p.